Points de vue 2005
Perspectives des négociations de l'OMC
Point de vue du 04 juillet 2005
Les négociations de l'OMC se concentrent encore presque exclusivement sur le dossier agricole, pour lequel il apparaît que les pays membres de l'OMC sont de plus en plus divisés en deux camps: Pour les uns, chaque pays a droit à sa propre agriculture et la production de produits alimentaires. Pour les autres, la production agricole doit être concentrée dans les pays disposant de ressources naturelles suffisantes et affichant les coûts de production les plus bas.
Au cours de ces dernières semaines de négociations sur le volet agricole de l'OMC, il semble que les grand pays exportateurs de produits agricoles l'emportent sur les importateurs nets. La Suisse, qui fait partie du second groupe, importe aujourd'hui déjà environ 40% de ses produits alimentaires. Dans les négociations, il est demandé aujourd'hui une réduction radicale des droits de douane et donc de la protection douanière pour le secteur agricole et tout particulièrement des droits de douane les plus importants. L'UE a rapidement cédé et a approuvé la suppression totale des subventions à l'exportation. Les exportateurs agricoles en demandent cependant encore plus et les concessions de l'UE apparaissent maintenant déjà comme une évidence. La réduction du soutien du marché sera probablement déjà en grande partie anticipée en Suisse dans le cadre de la PA 2011. Les mesures de la boite verte ne seront que très peu touchées durant le présent cycle de négociation. Dans le domaine de l'extension des applications d'origine et de l'AOC à tous les produits agricoles, encore aucune dynamique n'est apparue.
Selon l'issue des négociations, il est possible que les nouveaux accords de l'OMC provoquent des modifications profondes dans l'agriculture suisse. L'USP s'est employée déjà très activement à défendre les intérêts des paysans auprès de l'OMC lors de l'Uruguay Round. Dans ce cycle de négociations, le cycle de Doha, nous avons intensifié encore plus nos contacts et la coopération entre les associations de paysans. L'USP s'est coalisée avec d'autres associations de paysans du monde entier pour formuler des exigences communes et les présenter lors des négociations. Nous discutons avec les délégations chargées des négociations et essayons de convaincre leurs représentants de la justesse de nos demandes. Cela n'est pas toujours simple, car les membres des délégations de négociations ont souvent peu de rapport avec le monde de l'agriculture. Ils ne comprennent les particularités de l'agriculture que lorsque nous les leur démontrons à l'aide d'exemples concrets. C'est pourquoi l'USP a organisé diverses manifestations dans des exploitations agricoles.
Le travail en Suisse est cependant au moins aussi important. Nous discutons de la suite des négociations et des différentes options possibles dans nos instances et en informons la base très régulièrement. L'USP procède à des échanges d'information avec d'autres groupements professionnels et certaines ONG. La discussion et l'information réciproques avec la délégation de négociation suisse sont très importantes. Les développements possibles sont analysés et des solutions sont proposées. En automne, le Conseil fédéral adaptera son mandat de négociation pour la conférence ministérielle de Hong-Kong en fonction de la situation actuelle. L'USP ne peut approuver une extension du mandat que si les principes des réformes agraires sont sauvegardés et si la Confédération prend des mesures efficaces pour atténuer les conséquences négatives des nouvelles dispositions de l'OMC.
La Suisse est l'un des 148 pays membres de l'OMC et son influence sur la suite et le résultat des négociations est limitée. Le problème est que la Suisse a besoin d'un résultat acceptable des négociations. Alors que lors de l'Uruguay Round un équilibre a été recherché entre les différents dossiers; cela ne sera pratiquement pas possible pour le cycle de Doha. Les résultats des autres dossiers seront trop insignifiants pour contrebalancer les désavantages pour l'agriculture. Un passage du multilatéralisme au bilatéralisme entraînerait toutefois d'énormes frais pour notre pays, et n'aurait que des résultats insuffisants. La multitude des contrats de libre-échange qui en résulterait placerait l'agriculture suisse sous une pression encore plus forte.
Par conséquent, il est important qu'au cours des prochains mois, tout soit entrepris, pour orienter quand même les négociations dans une bonne direction. En juillet, des paysannes et paysans européens marcheront vers Genève pour présenter à l'OMC une déclaration commune. Par cette nouvelle action, nous souhaitons attirer l'attention sur nos revendications.
Heidi Bravo


