Contenu - 01.11.17 Vue d'ensemble

Le Conseil fédéral bafoue la volonté du peuple et veut sacrifier l’agriculture

Communiqué de presse de l'Union Suisse des Paysans du 01 novembre 2017

Le Conseil fédéral a présenté, aujourd’hui, une vue d’ensemble de l’agriculture et de son développement ultérieur. L’ouverture des frontières pour les produits agricoles représente le principal volet de ce rapport. Après que le reste du monde a reconnu que le libre-échange n’est pas une panacée pour le succès économique d’un pays, notre gouvernement ignore les développements internationaux actuels. Il effectue une analyse qui n’apporte aucune perspective à l’agriculture et qui occulte des facteurs décisifs. Un exemple en est le niveau des coûts en Suisse. Sans protection douanière, il n’y a pas non plus de prix à la production à même de couvrir, ne serait-ce qu’approximativement, les coûts. Les paiements directs actuels n’y changent rien. En outre, la Confédération n’a pas les moyens de compenser effectivement les pertes financières engendrées. Sans parler de la dépendance totale de l’État dans laquelle se retrouveraient les familles paysannes.

Par ailleurs, le Conseil fédéral fait fi de la très nette décision prise par le peuple le 24 septembre, où plus de 78 % de la population se sont prononcés pour un renforcement de la sécurité alimentaire. Aujourd’hui déjà, la Suisse importe environ 40 % de sa nourriture. Rares sont les pays dans le monde qui présentent une dépendance de l’étranger aussi importante que la Suisse pour approvisionner leur population. La protection douanière actuelle ne nuit à personne. Même les prix à la consommation ne varieraient guère, car la part des matières premières agricoles dans chaque franc dépensé par le consommateur se révèle modeste. A cela s’ajoute que les ménages suisses ne dépensent que 7 % de leur budget pour des denrées alimentaires, un minimum absolu au niveau mondial. La suppression de la protection douanière ne s’impose pas non plus sous cet angle.

L’agriculture suisse connaît d’ores et déjà une forte évolution structurelle. A ce jour, il ne reste même pas la moitié des exploitations qui existaient encore il y a 30 ans. Plus d’un chef d’exploitation sur deux est âgé de plus de 50 ans aujourd’hui et, parmi ces derniers, ils sont la moitié à déclarer ne pas avoir trouvé de repreneur pour leur exploitation. Les changements structurels devraient s’aggraver en conséquence. Cela tient surtout au fait que les revenus sont très bas et restent bien inférieurs à ceux d’autres branches comparables. C’est pourquoi il faut tout sauf une pression supplémentaire. Le Conseil fédéral doit assumer avec sérieux  sa mission d’assurer la sécurité alimentaire et renverser la vapeur : il y a lieu de renforcer la production indigène durable et respectueuse des animaux, ainsi que toutes les prestations d’intérêt public qui en dépendent, en prenant des mesures adaptées de politique agricole ! La vue d'ensemble du Conseil fédéral est bonne pour la poubelle : ce qui est recherché, ce sont des idées neuves, pas des vieilles idéologies !

 


Renseignements :

  • Markus Ritter, président de l’USP, tél. 079 300 56 93
  • Jacques Bourgeois, directeur de l’USP, tél. 079 219 32 33
  • Francis Egger, resp. Economie, formation et relations internationales USP
    Mobile: 079 280 69 66

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