Contenu - 28.08.18 Adhésion de l’Autriche à l’UE

Adhésion de l’Autriche à l’UE : un exemple d’ouverture des frontières à suivre ?

Communiqué de presse de l'Union suisse des paysans du 28 août 2018

Dans sa Vue d’ensemble du développement à moyen terme de la politique agricole, le Conseil fédéral veut montrer en quoi l'ouverture des frontières a des retombées positives sur l'agriculture nationale en se fondant sur la situation de l’Autriche après son entrée dans UE. L’Union suisse des paysans a profité de l’occasion pour effectuer une analyse complète des conséquences qu’a eues l’adhésion de l’Autriche à l'UE sur son agriculture. Elle est arrivée à la conclusion que l'agriculture autrichienne ne donne aucun argument pour l’ouverture des frontières.

À Bruxelles, les discussions sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC) pour après 2020 battent déjà leur plein. Outre les conditions plus strictes en matière de protection de l'environnement et du climat, ce sont les coupes budgétaires prévues en raison de la sortie du Royaume-Uni de l'UE qui donnent le plus à discuter. Depuis 1995, l’Autriche compte elle aussi parmi les membres de l'UE et se bat pour avoir sa part du gâteau.

Au cours de la première année, l’ouverture immédiate du commerce agricole autrichien a engendré un effon-drement des prix à la production de 22 % en moyenne, alimentant le changement structurel de manière durable. En effet, depuis que le pays a rejoint l'UE, une exploitation agricole autrichienne sur trois a dû mettre la clé sous la porte. À présent, trois agriculteurs sur cinq sont tributaires d'une activité accessoire, soit deux fois plus qu’en Suisse. L’accroissement des aides financières de la PAC a permis de ralentir la disparition de la paysannerie, mais a également fait que les revenus agricoles dépendent actuellement à 60 % des subventions.  

En matière d’exportation, le rôle d’épicerie fine qu’était censé jouer l’Autriche n'est devenu réalité qu'en partie. Le pays exporte en effet bien plus de boissons, de produits de boulangerie et de chocolat, qui ne rapportent pas beaucoup de plus-values aux agriculteurs, que de produits bio. De plus, c’est la boisson énergisante Red Bull qui a permis de relever le solde de la balance commerciale.

Les ménages autrichiens n’ont cependant que peu profité du gain net de bien-être que l'accroissement de la concurrence leur avait fait miroiter. En 1995, les prix moyens des denrées alimentaires ont baissé de 1,7 % avant d'augmenter déjà de 0,1 % l'année d'après. Aujourd’hui, les Autrichiens sont les habitants de l’UE qui doivent dépenser le plus pour se nourrir, juste après les Danois. De plus, les contribuables financent l’augmentation de l’aide agricole dans son intégralité, qui provient à 60 % du portemonnaie de l’UE, étant donné que l’Autriche fait partie des contributeurs nets au budget de l’UE.

Bref, impossible de comprendre ce qui a poussé le Conseil fédéral à se fonder sur l'agriculture autrichienne pour montrer les retombées positives de l'ouverture des frontières.


Renseignements :

  • Markus Ritter, président de l’USP, tél. 079 300 56 93
  • Jacques Bourgeois, directeur de l’USP, tél. 079 219 32 33
  • Beat Röösli, responsable de la division Relations internationales, tél. 079 768 05 45

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