Dans une exploitation agricole, les femmes endossent des rôles très différents les uns des autres : certaines dirigent l’exploitation et en assument la pleine responsabilité, tandis que d’autres partagent cette responsabilité avec un partenaire. Certaines femmes aident de temps en temps aux tâches de l’exploitation, tandis que d’autres n’y participent pas du tout. Le statut juridique des femmes dans l’agriculture se compose, comme pour les hommes, des éléments suivants :
- état civil, régime matrimonial et responsabilité (pour les femmes mariées) ;
- statut sur le plan des assurances sociales (AVS) ou position professionnelle ;
- statut juridique dans l’exploitation et responsabilité ;
- régime de propriété.
Sur les 147 876 personnes travaillant dans l’agriculture en 2024, pas moins de 54 151 étaient des femmes (37 %), dont 3615 dirigeaient une exploitation (7,8 %). Selon une étude d’Agridea intitulée « Les femmes dans l’agriculture » (2022), 68 % des femmes ont déclaré gérer l’exploitation avec leur partenaire. La majorité des femmes assument donc une part de responsabilité dans la gestion conjointe de l’exploitation et ont pleinement leur mot à dire dans la prise de décision.
Les chiffres provenant de la formation agricole laissent penser que la part de femmes à la tête d’une exploitation va continuer d’augmenter à l’avenir. Parmi les chef-fe-s d’exploitation (brevet fédéral) diplômé-e-s en 2022, cette part était de 12,3 %. La formation au métier d’agricultrice CFC laisse aussi entrevoir une tendance à la hausse : en 2024, les femmes représentaient déjà 21 % des diplômé-e-s.
Le changement de génération constitue encore un défi au sein de l’agriculture. De nombreuses cheffes d’exploitation ont plus de 55 ans, et près d’un tiers d’entre elles même plus de 60 ans. En parallèle, le nombre de jeunes femmes qui suivent une formation agricole, et qui seront donc à même de reprendre une exploitation, est en augmentation.
Aujourd’hui, les femmes ont tendance à diriger de petites exploitations. En effet, plus de la moitié des cheffes d’exploitation gèrent une superficie inférieure à dix hectares. Dans les grandes exploitations de plus de 50 hectares, les femmes sont encore peu représentées à ce jour.
La protection sociale des femmes n’a cessé de s’améliorer au cours des dernières années, si bien que, aujourd’hui, seules environ 4 % des femmes n’ont pas de protection ni de prévoyance sociales propres. Selon l’étude d’Agridea, en 2022, pas moins de 47 % des femmes cotisaient à l’AVS en tant que salariées et 28 % en tant qu’indépendantes.
L’augmentation du nombre d’agricultrices en formation, une meilleure couverture sociale et le nombre croissant de cheffes d’exploitation montrent que les femmes assument de plus en plus de responsabilités dans l’agriculture suisse et qu’elles participent activement au développement de la branche.