Une année radieuse malgré l’engorgement des marchés du lait, des porcs et du vin

Chères familles paysannes,

Après trois années en berne, une année favorable était urgemment nécessaire. Favorable, 2025 l’a été. Cela faisait longtemps qu’une année agricole n’avait été aussi radieuse. La valeur totale de la production a atteint 12,5 milliards de francs, principalement grâce à une météo au beau fixe et à de bonnes récoltes dans la production végétale. Il y a toutefois eu des exceptions. Dans la viticulture, les problèmes d’écoulement se sont aggravés. Les viticultrices et les viticulteurs suisses peinent de plus en plus à vendre leurs vins de qualité, tandis que des importations à prix très bas inondent le marché. Après quelques années de répit, le secteur porcin a lui aussi glissé dans une nouvelle crise en raison d’une offre trop élevée. De premiers problèmes ont surgi dans le domaine du lait. L’effondrement des exportations de fromage découlant des droits de douane élevés des États-Unis est survenu alors que la production fourragère connaissait des rendements maximaux. En raison de la baisse des prix indicatifs, c’est surtout maintenant que les exploitations ressentent les principaux effets des surplus ayant résulté de ce duo perdant malgré le recul du nombre de vaches laitières.

De manière générale, les prix à la production constituent toujours un défi. L’agriculture suisse doit devenir encore plus respectueuse de l’environnement, des animaux et du climat. Les conditions de travail et les salaires de la main-d’œuvre sont également au cœur des préoccupations. Parallèlement, les exploitations agricoles sont rémunérées toujours autant si ce n’est moins pour leurs produits. Or, la famille paysanne type ne vit pas des paiements directs : en moyenne, elle génère 80 % de son revenu sur le marché. Et c’est là que la valeur se perd depuis 2025. La guerre des prix à laquelle se livrent actuellement les détaillants fait surtout des perdantes et des perdants, et ce à tous les niveaux. Surtout chez les familles paysannes. Si les prix en magasin baissent, la marge de manœuvre pour des prix équitables à la production et donc pour une gestion rémunératrice diminue également. Plus un produit est bon marché, moins il est durable sur le plan économique, écologique ou social. Par ailleurs, cette guerre est totalement inutile : en Suisse, la nourriture est meilleur marché que nulle part ailleurs. Les Suissesses et les Suisses dépensent en moyenne moins de 7 % de leur revenu disponible pour se nourrir. 

Les nombreuses épizooties hautement contagieuses ont constitué un autre fait marquant en 2025. La maladie de la langue bleue et la grippe aviaire dans le pays ainsi que la peste porcine, la dermatose nodulaire contagieuse ou la redoutable fièvre aphteuse dans les pays voisins ont suscité de vives inquiétudes. L’augmentation des populations de loups reste un souci majeur. Les organisations environnementales ne se lassent pas de minimiser les problèmes que pose le prédateur. Pour les personnes concernées par contre, le stress est considérable. En effet, la protection des troupeaux est coûteuse sans être sûre à 100 %. 

Enfin, l’énorme incertitude liée aux PFAS ne saurait être omise. Lorsque des exploitations ne peuvent plus vendre leur viande ou leur lait en raison d’un dépassement des valeurs limites, c’est la survie pure et simple qui se retrouve en jeu du jour au lendemain. Nous devons absolument déterminer les causes, trouver une approche pragmatique et garantir une protection financière aux exploitations, qui ne sont pas responsables de ces polluants éternels. Des délais de transition, des règles applicables, des valeurs limites raisonnables, des recherches et un suivi sont nécessaires. 

Rester les bras ballants n’est pas une option pour les entrepreneuses et entrepreneurs agricoles. Chaque année apporte son lot de nouvelles exigences et de nouvelles directives. Les détails des nombreuses réglementations entraînent une énorme charge administrative. L’incompréhension du secteur agricole est d’autant plus forte lorsque l’administration avance des idées nouvelles et compliquées. Des solutions simples et compréhensibles sont bien accueillies non seulement par la paysannerie, mais aussi par les autorités, à qui elles facilitent le travail et le rendent moins coûteux. 

Dans le présent rapport, vous trouverez de nombreux autres thèmes qui ont occupé notre association et ses membres en 2025. Aux deux dernières pages, nous nous penchons sur les premiers moments forts de 2026. L’Union suisse des paysans est bien positionnée. La grande confiance que vous nous accordez est la base de notre succès. Nous vous en sommes extrêmement reconnaissants. Chères familles paysannes, soyez sûres d’une chose : nous continuerons sur notre lancée !

Markus Ritter, président de l’Union suisse des paysans
Martin Rufer, directeur de l’Union suisse des paysans

 

 « Une année agricole favorable était urgemment nécessaire. »

 « Incompréhension pour les nouvelles fantaisies pénibles de l’administration » 

 « La guerre des prix est inutile : notre nourriture n’est pas trop chère. »

 « La confiance qui nous est accordée nous motive. »